Tchou a écrit :Alors c'était beau?
Mouais, je dirai pas que c'est à refaire mais il y avait des passages vraiment sympas.
Tchou a écrit :Cousin a tenu le coup?
Oui. Je pars le couteau entre les dents, motivé à fond. Au bout de 3 km, la réalité me rattrape, je me dis que je ne finirai pas ce 38km. Le début est très fractionné, petites montées, petites descentes et pour en rajouter au moral on monte de beaux singles et on descend de belles pistes. Je me dis que si ça continue comme ça, je vais vite faire demi tour. Mon objectif (Philou) me colle à la roue et se permet même de me lâcher dès que ça monte un peu.
Premier ravito à moins de 10 km, au cul du camion, on nous promet une bonne bouffe au prochain arrêt. Du coup on ne s'attarde pas. Là ça devient beaucoup plus plaisant, des beaux passages, ça me regonfle et je retrouve ma forme. J'arrive même à lâcher mon objectif qui se laisse enfermé dans un groupe. J'accroche David et je mords le guidon jusqu'au prochain ravito près du lac. 3 secondes après moi, mon objectif arrive le sourire aux lèvres et me donne des conseils pour moins forcer.

Ce qu'on nous avait promis est bien là. Une méga grillade avec une saucisse délicieuse. On apprécie tous ce moment de détente (à part peut-être Adil) On a rejoint l'équipe de Capestang juste avant le ravito.
Après cette longue pause retour en enfer, un single assez montant et plein de boue nous attend, du portage, j'en chie. Puis ça devient plus roulant, j'ai de nouveau semé mon objectif, je ne lâche rien. Mes jambes ne répondent plus depuis plusieurs km, je roule avec la tête, sur la crête de la zone rouge, avec les crampes qui attendent patiemment. David est devant depuis longtemps mais je maitrise mon effort, non, en fait c'est lui qui me maitrise. A la moindre petite montée ridicule je suis sur petit plateau et grand pignon, je n'avance plus, mais comme Philou n'est toujours pas en vue, je reste motivé. Une partie plus technique arrive, du pierrier, de la belle descente, puis la piste en léger faux plat qui me mène à la victoire. Soudain le doute, une pierre avec une flèche sur la gauche indique un single descendant qui fait sortir de cette piste. J'enchaine là-dessus et arrivé en bas je tombe sur 2 gars de Capestang qui sont aussi tombés dans le piège, ce n'est pas pour nous, le single ne débouche pas, il faut remonter. Je mets au moins 5 mn à remonter 50M à pied. Les crampes jouent avec moi mais n'osent pas encore faire leur travail. Ouf, retour sur la piste, direction Cruzy, tout droit, la placette, le monde, la fin, j'y suis arrivé

L'objectif du jour arrive 1/4h après, il s'est baladé, lui, il a atteint son objectif depuis longtemps.
Au final 39 km, Alex m'annonce 1000mD+, je n'en reviens toujours pas d'avoir fait ça dans l'état où je suis. Et pas une seule crampe. Du coup, j'ai tellement mal aux jambes que je n'ai plus mal au dos !

Toujours vivant.