Retour de reconnaissance de l'enduro de Prades, avec une journée idéale et une ambiance fort sympathique.

Une superbe réussite, car samedi tard dans l'après-midi, c'était encore incertain pour cette sortie. J'ai quand même eu le temps de me procurer un beau Lapierre Spicy 516, avec des Crossmax SX et des pneus en 2.35, qui allait s'avérer très confortable sur ce type de circuit, et un excellent compagnon de jeu.
Je suis descendu avec les Romeu-fontains au petit matin et nous étions les premiers sur le parking de la piscine de Prades avant 8h30. Plutôt que d'avoir des pilotes un peu partout durant les jours qui précèdent l'enduro, les organisateurs ont préféré organiser une sortie-club sur le circuit de l'enduro. Cela permet aux organisateurs de faire une vérification du circuit et des passages compliqués après l'alerte météo de ces derniers jours ; et à nous de profiter d'une reconnaissance bien encadrée. Quant aux éventuels terrains privés que nous aurions traversés, je doute qu'ils aient été nombreux : nous évoluions principalement dans une forêt domaniale.
Nous devions être initialement une petite dizaine, mais par un prompt renfort (Alex du 4X Combes était là notamment), nous fumes près de 30 quand nous quittâmes Prades ... en covoiturage pour 10km de belle montée direction le village de Mosset, via le pittoresque Molitg-les-Bains.
On parque les voitures, et c'est parti sur une large piste montante, faisant office de réveil musculaire durant une petite demi-heure. Arrivé en haut de la première spéciale, ça part fort d'entrée dans un single assez empierré dans les bois, avant de sortir à découvert sur un monotrace avec un léger dévers sur lequel je vais m'étaler bêtement, n'ayant pas encore maitrisé ma monture du jour. Puis on revient dans un gros pierrier avec quelques grosses pierres à survoler, de petits virages relevés et c'est déjà la fin de la spéciale. Bilan de cette première spéciale : je me suis bien fait secouer ... normal quand on oublie de débloquer les suspensions et qu'on les laisse au débattement minimum ...
Enchainement avec la deuxième liaison qui part en descente, avant qu'un pétard terrible ne se dresse sous nos roues. Puis on quitte la piste pour un single à flanc de colline pour sauter une rivière et remonter de l'autre côté. Une montée en monotrace se dresse sous nos roues et l'herbe ne rend pas grand chose en termes de roulement. Les montpellierains présents zapperont cette reco' pour enchainer directement avec la 3ème. Dommage pour eux car cette spéciale est superbe. Très changeante, avec le début sur les crêtes, parsemée de deux jolis coups de cul qui imposent de relancer sec, avant de plonger réellement dans la pente, et descendre au beau milieu des éboulis. Les cailloux volent de partout, et malgré cela ; sur mon Spicy, je me sens comme sur des rails et je lâche les freins. 4 beaux virages en épingles au milieu des pierres (qui ne valent pas cependant ceux de la 2e spéciale de Vieussan) et un franchissement de ruisseau à l'arraché plus tard, c'est la fin de la spéciale.
Troisième liaison, assurément la plus exigeante. Sévère, empierré, et humide, ce raidard m'a bien fait couiner. La montée se poursuit sur un monotrace à peine moins pentu et tout aussi exigeant. Tout ça pour arriver sur une large piste à gravir pendant près de 5km direction Llugols. Complètement à découvert et orientée nord ouest, cette montée fera un véritable carnage le jour de la course en cas de forte tramontane. Heureusement, la vue superbe, surplombant Prades et les villages nichés dans les vallées du massif du Canigou qui commence à revêtir sa robe d'hiver, rachète tout. Une fois là-haut, petite liaison descendante, pour rallier le départ de la 3ème spéciale dans un minuscule hameau. La spéciale secoue pas mal au début, avant de déboucher sur un magnifique single tout en pédalage et très rapide, mais avec le vide sur la droite. Par deux fois, mes crampons iront flirter avec la zone critique en sortie de virage. Mais quel superbe tracé.
La liaison qui suit me fera redescendre sur terre. Un portage raide d'un quart d'heure en plein soleil, mais qui semble interminable et que certains n'ont pas souhaité affronter. Arrivé en haut, les visages commencent à être marqués et nous ne sommes plus qu'une dizaine. Nous attaquons la 4e spéciale dans un sous-bois. Des arbres de partout, qui ont tendance à se rapprocher, et où les 720mm de mon guidon me provoque quelques petites sueurs froides. Arrive une marche énorme que je ne vois pas venir. Pas le temps de freiner, ni de bien anticiper, je m'aplatis sur mon vélo plus que je ne me réceptionne, et je me demande encore comment j'ai fait pour ne pas me ramasser lamentablement. D'autres ont été moins vernis que moi : chute avec explosion du pneu avant pour l'un d'entre nous. Les arbres se resserrent encore plus et la pente s'accentue encore par la suite avant de déboucher sur la fin.
Dernière liaison (nous ne serons que 5 à y aller), très étroite le long du canal de Prades, avant de grimper sur une partie de la liaison vers la 3e spéciale, puis d'obliquer sur un single. Cette dernière spéciale est très courte, un peu moins d'un kilomètre, et super-rapide : moins de 2' pour les meilleurs. Ça part au sprint, avec deux muret d'un peu plus d'un mètre à sauter. Après une hésitation sur la première suite à une erreur de trajectoire, je lâche tout au second passage et j'enroule proprement. D'autant plus que la réception est d'une propreté digne d'une piste d'atterrissage, donc il suffit d'arriver lancé et en confiance. Trois virages, plus bas, un dernier coup-de-cul redoutable à 12% permet de faire monter le taux d'acide lactique une dernière fois avant quelques whoops marquant la fin de cet enduro.
Vivement dimanche, en espérant que la météo sera de la partie ...
