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J 1 - GRENOBLE - CORRENÇON EN VERCORS
Distance 30 km - D+ 860
En bas Grenoble, 1000 m plus haut le Vercors.
Initialement j’avais prévu l’ascension et le trajet jusqu’à Corrençon dans l’après midi. Projet ambitieux car il fallait s’avaler les 55 km et 2050 m de D+ de façon à être au gîte vers 19h.
Un accident sur l’autoroute en décida autrement. Mon Blabla Multivan (équipé d’un porte vélo pour mon Rocky !) prend de suite 2 h de retard ce qui compromet l’arrivée à 12 à Grenoble.
Malheureux de ne pouvoir quitter la ville en vélo, mais heureux de trouver un car qui me laisse à Lans-en-Vercors. Finalement le sort m’a permis de démarrer cool cet après-midi déjà sous un fort soleil et de m’acclimater aux raidillons du Vercors. Premières bonnes suées.
J 2 - CORRENÇON EN VERCORS - DIE / Abbaye de Vacroissant
Distance 83 km - D+ 2200
Mon seul compagnon de dortoir, un randonneur, a eu la bougeotte dès 5h30 du mat et m’entraîne dans son sillage. Je pars donc à la fraîche. Un mal pour un bien car l’étape du jour est la plus longue. Ça part dans la forêt au lever du soleil, les monotraces pour moi seul, sont magnifiques. Caillasses calcaire, descentes dans les combes où s’évapore déjà la rosée, rude remontée sur le plateau de Chateau julien.
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Avec toujours, sur ma gauche, la dentelle des crêtes qui délimitent le plateau (photo), le Grand Veymont, le plus haut sommet du massif du Vercors, à 2341m.
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Suite de la traversé assez roulante, puis bien raide (22 %) vers le col de la
Chau. Terminus Vercors tout le monde descend ! Exceptionnelle bascule sur Marignac en Diois, un monotrace qui n’en finit pas tout en caillasse et glissade (attention l’équilibre avec le sac à dos chargé…) en prime un panorama époustouflant sur les falaises du Glandasse. Puis une merveille de sentier en balcon qui me donne la banane tellement c’est beau… et ça dure, ça dure ! Un peu comme un Soubès puissance 10 !
Préalpes du Sud. Champs de lavande, senteurs de Provence.
J’arrive à l’étape complètement rincé.
J 3 - DIE - VALDRÔME / Les Prés
Distance 80 km - D+ 2100
Nouvelle grosse étape dont la première partie consiste à ne pas se tromper de chemin avec le balisage « Chemin de la Clairette ». C’est plutôt roulant à travers les paysages viticoles du Diois jusqu’à Châtillon-en-Diois. La montée vers le col du Pinet, par contre, est un gros morceau qui n’en finit pas. Mais, une fois franchi le col, la récompense se présente d’abord sous la forme d’une belle descente, puis par l’un des passages les plus sauvages du parcours, dévers, main courante, tunnel taillé dans la roche. L’équilibre est précaire et toute l’attention requise pour ne pas glisser dans le ravin. Enfin, une descente inoubliable dans les ravines vers Luc en Diois.
Ce serait déjà en soi une formidable étape, mais c’est qu’il reste autant à parcourir avant Valdrôme. Donc pas de baignade bien tentante dans la Drôme en contrebas du Claps !
Grimpette vers Charens, descentes techniques, heureusement sous un ciel qui se teinte de gris et amène un air rafaîchissant bienvenu. Il y aura encore de la montée vers les patûrages puis une fuite éperdue devant un patou qui me prend pour un loup. Ces chiens vont devenir un danger pour les randonneurs. Ils le sont déjà, c’est pas évident de garder son sang froid face à la puissance des ces bêtes. Autant dire que je ne baisse pas de vitesse jusqu’au joli village de Valdrôme.
J 4 - VALDRÔME - ORPIERRE
Distance 60 km - D+ 1700
Après une bonne nuit je m’élance tardivement vers ce que je pense être la plus courte étape et la plus cool. Il convient de bien examiner les topos… préalablement. Ça commence par un remplacement de plaquettes qui va me prendre une bonne heure, étant donné que je n’ai pas pris l’outil presse à pistons (économie de poids dans le sac : 180 g). Galère. Je repars tout de même avec un peu de frottement sur le disque qui m’énervera jusqu’à la fin du trip.
C’est au col de Bruis que l’on passe dans le département des Hautes-Alpes, en admirant l’exceptionnel paysage depuis les crêtes des Baronnies. Je plonge ensuite dans la vallée de l’Oule. Je shunte un petit passage pour rattraper le retard et aller déjeuner à l’Epine étant donné que j’étais parti sans pique-nique !… Dans ces contrées il vaut mieux rien oublier. Argent, nourriture sont durs à trouver, contrairement à l’eau dans tous les villages.
Restauré j’arrive à Montjay. Sur le topo guide je n’avais pas prêté attention à une histoire de « donnant-donnat », de « bavante ». J’ai vu ce que c’était que de pousser le vélo sur 2,5 km. Pas technique le sentier qui mène au col de Lèbre-Cuite, juste une pente à 20% de moyenne, tracée droite dans la caillasse ! J’aurais eu le topoteur sous la main je le trucidai. Ça aide à grimper les idées de vengeance. Mais ça ne dure que jusqu’à la récompense du panorama qui s’offre ensuite et la fabuleuse descente en forêt qui s’ensuit. D’ailleurs à l’excellent gîte d’Orpierre les vététiste laissent tous ce même témoignage.
J 5 - ORPIERRE - SISTERON / Peipin
Distance 74 km - D+ 1340
Finale sous les averses orageuses. Montée au col St Jean et traversée en balcon, et belle descente sur Barret-sur-Méouge. Là j’ai un grand regret. Par précaution au vu de l’annonce météo du jour, je préfére shunter ce qui s’annonce comme un passage exceptionnel par la crête de St Cyr. Je me voyais mal là-haut, dans la descente technique chargé et sous la pluie. Bref, ça reste à découvrir un jour. Par la route, je me régale néanmoins des magnifiques gorges de la Méouge.
La suite est une évolution par des chemins de campagne au travers des pommeraies industrielles des Alpes de Haute-Durance. Malheureusement pas mûres en cette saison les pommes. Allez, dernier coup de cul sur les premiers contreforts de la montagne de Lure, et me voilà à Peipin, au sud de Sisteron.
Demain retour co-voituré en Mercedes Vito.
Ce que je n’ai pas encore dit, et qui fait tout l’interêt de partir ainsi en traversée, c’est la sensation des territoires traversés, la variété des paysages et surtout les rencontres à l’étape. Chaque soir le plaisir de la diversité et de l’échange, particulièrement cette semaine pendant laquelle j’étais souvent l’unique voyageur chez les hôtes.
Quelques photos :
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