Salut à tous, voici mon CR de cette TV 2011, avec un peu de retard.
C'est mi figue mi raisin que je me présente à cette course, que je sais être très dure.
Grâce à ma fille de 10 mois, je n'ai pas pu m'entrainer comme je le souhaitais, et j'ai très peu dormi les deux dernières nuits précédant l'épreuve, mais bon, la volonté de la serrer dans mes bras à l'arrivée devrait compenser !!
Dimanche 29: Je dormais chez mon frère à Nice. 4h30 : on se lève, on se jette dans la voiture, et direction la colmiane !! Petit déjeuner frugal, je n'arrive à rien manger de si bon matin...
Sur le parking, je croise les autres de VTT34, on discute un peu, puis Bilou va rejoindre la ligne de départ.
Départ - Montée de la madeleine:Je me retrouve encadré par Gilles et Fabrice sur la ligne, l'ambiance est forcément au top !!, même lorsque je leur fait remarquer que le mec avec le fusil n'est peut-être pas là pour donner le départ, mais pour éliminer la concurrence !
Le départ est donné, ça brasse un peu, je prends une bonne roue (celle de Gilles), et on contourne la gamelle qui se produit à la chicane. Je quiche un peu et suis dans les 30 premiers de la vague pour attaquer la montée. Je souhaitais ne pas être trop loin pour éviter le bordel dans le single de la crête des 2 caires.
Dans la montée, je n'ai pas de grosses sensations: je monte bien, mais j'ai un peu les jambes en carton, surement suite à mes deux nuits écourtées. La montée passe comme une lettre à la poste, et je suis étonné de passer la crête aussi vite. La vue est toujours aussi belle, dans cette montagne qui émerge d'une légère brume.
AndrionSur le single descendant, je dois me rendre à l'évidence: j'ai un problème au frein arrière, probablement de l'huile qui s'est mise dessus pendant le transport. Je m'arrête, et le nettoie avec une mixture herbe-feuilles-poussière-terre.....qui marche !! Il faudrait que je pense à commercialiser ce produit miracle !!!
Je recolle, et roule une grosse partie avec les premières féminines, que j'apprécie pour leur rythme: très régulier.
Dans la descente d'andrion, je déchante: je pensais être tranquille, mais en fait je me rends compte que les gars que j'ai suivi dans la montée sont des boulets en descente....c'est donc tranquilou que l'on arrive au ravito.`Je prends le temps de manger, avant de repartir avec Nadine SAPIN. La fin de la descente se fait à un bon rythme, mais rien à voir avec ma descente ultra-rapide de l'année dernière. Je dois m'arrêter une fois pour nettoyer encore un peu mon frein AR.
Le Brec d'utelle:Je fais toute l'approche du brec derrière la tête de course féminine, puis je m'arrête pour enlever les manches longues, et en remettre un coup à mon frein. Gilles arrive, et on se fait la montée du brec ensemble. On rigole pas mal dans cette montée, surtout lorsque Gilles nous annonce que les cailloux ne sont pas gros, mais que bon....il a quand même des petites jambes !!!
Le slogan de VTT34: "on fait AUSSI du VTT !!"
La montée se passe bien, avec toujours cette sensation d'effort commun, de souffles courts, que je ne retrouve que dans les mêlées de rugby, et on bascule dans la descente.
Je ne suis pas du tout dans le rythme, je fais une descente de merde, et pour garnir le tout..Gilles se fout de ma gueule !! Sur le bas, je me régale dans les ruffes en arrivant à Utelle, et passe la fameuse "marche d'utelle", dans un flash de photographe qui m'éblouit un peu. Il y a beaucoup de supporters, ce qui fait bien plaisir, même si l'on est encore loin de l'arrivée.
La madonne d'utelle:C'est à mon sens la première vraie difficulté du parcours. L'approche est longue, pentue, et parfois difficile à passer sur le vélo, alors que les premières fatigues arrivent. Je commence à payer mon petit déjeuner léger du matin, j'ai un peu la dalle. Je ne porte que dans les derniers lacets, où je rattrape Gilles.
Je prends le temps de bien me restaurer, discute un peu avec ma femme, fais une bise à ma fille, et plonge dans la fameuse descente de la madone, et son premier mur, toujours aussi impressionnant par le mix pente-cailloux, que l'on ne retrouve chez nous que sur la première partie du Baudille. Je passe le mur proprement, mais arrivé en bas, je fais une grosse faute, la fourche talonne, le vélo m'éjecte et je me retrouve méchamment au tas. En me relevant, je ne sens plus ma cuisse gauche. Le dérailleur merde un peu, et m'oblige à pousser sur la partie remontante avant la descente sur le cros d'Utelle. J'arrive au pont de Cros avec 1h30 d'avance (15 minutes de grattées sur l'an dernier) sur la porte horaire, ce qui était mon objectif.
Ma femme n'est pas là comme prévu pour le ravito, je n'aurai donc rien de solide à manger dans la montée Je bricole un peu en profitant du stand Mavic pour tenter de régler mes problèmes de dérailleur.
Pont de Cros-LEVENSC'est avec une certaine appréhension que j'attaque cette montée, qui m'avait été fatale l'an dernier. je ne fais pas la même erreur, et décide de porter tout du long, pour m'économiser un peu. Je redoute surtout ce qui nous attend derrière, avec ces 400mD+ de colla bassa, qui succèdent aux 600D+ qui m'attendent. La montée ressemble à la cour des miracles, il y a des mecs plein les bas côtés...c'est sur, c'est un des points clefs de la course...
Je passe l'endroit où j'ai abandonné l'année dernière, et cela me donne un coup de boost : l'impression que j'avais se transforme en certitude : cette année, on me mettra un sticker sur la promenade des anglais !!!
Je perds un peu de terrain dans cette montée, mais curieusement, je rattrape Gilles qui a l'air d'en chier.
J'arrive au ravitaillement de LEVENS tellement affamé, que je pense que le bénévole ne s'en est toujours pas remis: je m'envoie en 1/4 seconde une moitié de paquet de chips, un demi saucisson, et trois quartiers de camembert. Soucieux d'équilibrer ce festin, il me propose quand même de gouter aux fruits, ce que je fais, pour me donner bonne conscience. Gilles arrive et demande s'il n'y a pas du rouge (ben en fait, il a fait cette demande à tous les ravitos !!!), on a le même maillot, je crois que l'on a fait impression sur ce coup là !!
Je plaisante un peu avec les Marshall de la course, car ça commence à sentir l'écurie. je sais que cette montée à colla bassa par le col du travail est difficile, mais je l'attends presque avec plaisir, car je sais qu'après cela, il n'y a plus de grosses difficultés.
Col du travail-colla bassaMalgré un moral au beau fixe, j'en chie quand même, dans ces passages où il est difficile de porter à cause des arbres, et où le poussage est délicat à cause de la pente. Je ne passe plus du tout comme aux recos, j'ai l'impression de monter certaines cotes à quatre pattes!! C'est clairement plus difficile que de passer par les rampasses du Cima, pour ceux qui se posent encore la question !!
J'encourage Gilles, qui lutte, et j'attaque la descente enduro sur un bon rythme, le sourire aux lèvres: j'y suis presque, et en plus je prends du plaisir...J'attends gilles au ravito, car ce serait beau que l'on arrive ensemble.
Le mont chauveDans le portage du chauve, plus de Gilles, je finis donc avec un petit groupe d'enduristes, et on se fait bien plaisir dans la descente du mont chauve. Les 120 mm de la fourche du YETI semblent un peu petits, face à la spéciale enduro et ses cailloux, acérés comme des rasoirs, je me colle une petite gamelle, presque en rigolant...Je me fous de tout, je prends mon temps.
La jungle-le paillon-les palmiersJe redoute un peu la jungle de falicon, car il y a 2 descentes un peu traitres, et normalement, c'est un peu inextricable. Cette année, rien de tout cela: la jungle a été passée à l'agent orange, et ne reste que les montagnes russes...
C'est avec un certain dégoût (d'égout arf arf arf...) que l'on se jette dans le paillon, après avoir fait la blague usuelle pour savoir si l'on est à jour des vaccinations !!! Ce passage est clairement en décalage total avec les merveilles que l'on a vu au début de la course, mais bon, cela permet de rentrer dans Nice sans encombrer les boulevards...en même temps, vu comme roulent les Nicois, ce serait peut -être la partie la plus sélective de la TV: la rentrée sur route ouverte avec des lâchers de Nicois au volant !!
Après un peu de piste cyclable, on attaque le tunnel, et c'est là qu'un des gars du groupe de 5 choisit d'envoyer la sauce. Il envoie la plaque, après la TV, chapeau. Je suis et j'arrive à le coller, malgré mon 36x12 qui parait un peu court, mais bon.....
On arrive, on voit les galets, puis la mer...puis la flaque de boue qui nous sépare. Un de mes compagnons rentre dedans un peu vite, et nous fait marrer, car il était à 2 doigts de se faire un OTB là dedans !!
On est sur la plage, les supporters en contre haut nous applaudissent, l'ambiance est belle.... j'entends mon nom au micro...... Je remonte tranquillement la rampe jusqu'au podium, je crois que je pleure un peu, je profite de l'instant.....
je suis finisher, en un peu plus de 10h !!!
Gilles arrive un peu après, claude également, Patrick un peu plus tard. Je les prend dans mes bras, je suis presque autant content pour eux que pour moi. Je suis déçu pour Fabrice, car il représente pour moi la pure grinta. Il faut qu'il sache que son mental de l'année dernière a été un exemple pou moi.
Je discute avec ma femme, ma fille, mon frère, mais dans ces moments là, on est un peu égoistes, on savoure son petit plaisir

Cela semble toujours impossible, jusqu'à ce qu'on le fasse.
Le courage n'est pas l'absence de peur, mais la capacité de la vaincre.
Nelson MANDELA.